Mes croyances limitantes

Avez-vous déjà été confronté à quelqu’un qui avait des convictions fortes? Tellement fortes qu’il vous était difficile de l’interrompre ou d’émettre un avis différent du sien. Ce matin j’ai été confrontée à quelqu’un qui croyait dur comme fer que vendre de plus en plus de produits sur Internet allait diminuer l’emploi et tuer les magasins physiques. Il avait l’air tellement convaincu que je n’ai pas voulu l’interrompre. J’ai donc simplement hoché la tête, en lui souriant poliment. Est-ce que j’aurais pu le convaincre, ou lui donner mon avis? Peut-être. Mais je n’étais pas certaine que j’allais vraiment l’aider ou le rassurer.

Je me suis alors demandée pourquoi tant de convictions? D’où venaient-elles? Etaient-elles seulement le fruit des histoires qu’il entend ou des médias? Oubien, étaient-elles plus profondes? Des croyances enfouies au fond de lui, liées à un sujet aussi important que le travail. J’ai ressenti du stress et beaucoup de questionnement. Et tous ces éléments mélangés ont fait émerger un long monologue dont j’ai été la spectatrice.

Qu’est-ce qu’une croyance?

Une croyance est une idée qu’on a développée au fil du temps et qu’on a généralisée. On développe une vraie conviction. Il s’agit d’un schéma mental, qui se développe de façon inconsciente, qui va influencer nos comportements et nos actes.

On retrouve des croyances limitantes, qui nous bloquent et nous enferment, ou des croyances positives et motivantes, qui nous donnent confiance en nous et nous permettent d’avancer.

Quelles sont mes croyances limitantes?

Suite à cette discussion je me suis posé la question: ai-je moi aussi des croyances limitantes? Il y a-t-il certains sujets sur lesquels j’ai un avis très tranché? Des pensées qui me bloquent?

Certainement, mais je ne m’en rends pas toujours compte. Là est toute la difficulté. Faire un travail sur soi pour identifier ses propres croyances limitantes. Car à partir du moment où on prend conscience de nos freins mentaux, le champ des possibles s’offre à nous.

Mais d’où viennent-elles?

Tout au long de sa vie, chacun développe des croyances et se forge des convictions. Plusieurs facteurs font qu’une croyance va se développer plus qu’une autre.

Notre éducation nous influence et joue un rôle important dans le développement de nos pensées. Nos parents nous ont souvent répété des phrases, des idées, ce qu’il fallait faire ou ne pas faire. Tout cela, nous l’avons retenu, tellement bien que nous répétons la même chose et reproduisons parfois les mêmes schémas que nos parents.

Et l’école? Oui le système éducatif nous façonne. Il nous enseigne certains courants de pensée. Il nous transmet donc beaucoup de croyances limitantes. En apprenant à être de bons élèves, les enfants mettent de côté leur créativité. Je vous invite à regarder la vidéo de Ken Robinson à ce sujet. (Vidéo: Ken Robinson – Do school kill creativity).

En réalité, l’école nous forme à être de bons employés dans un système hiérarchique. Mais lorsque le système change, et qu’il est demandé au collaborateur de prendre plus d’autonomie et de se développer, c’est plus problématique. L’école ne nous incite pas à faire des erreurs et à tester des choses, elle nous dit de ne pas nous tromper. Elle nous pousse à avoir constamment de meilleures notes. Mais comment les collaborateurs peuvent-ils se laisser tester des choses et se tromper si on leur a toujours appris que c’était mal?

L‘environnement dans lequel on évolue influence également nos paroles et nos actes. Ce que nous vivons au quotidien fait en sorte que nous développons des mécanismes. Ceux-ci viennent de nos expériences passées, positives ou négatives. Mais ce sont surtout nos échecs qui brideront nos croyances limitantes.

Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors il l’ont fait.

Mark Twain

Cette citation de Mark Twain nous dit bien à quel point nos barrières mentales sont des freins. Elles nous empêchent d’atteindre notre plein potentiel. Elles nous empêchent de développer nos talents.

Toutes ces fausses croyances sont souvent source de frustrations et de mal-être. Elles nous empêchent d’oser. Alors qu’ “oser” est la base de vivre. Prendre des risques c’est vivre pleinement.

Comment ça se passe en entreprise?

Nous le savons, les entreprises sont faites d’hommes et de femmes, chacun et chacune avec leurs propres convictions. Ceux-ci doivent donc apprendre à collaborer. Pour certains, le temps passé avec ses collègues est plus long que celui passé avec sa famille. Il est donc essentiel de pouvoir vivre pleinement sur son lieu de travail, sans se laisser enfermer dans des croyances.

Malgré tout, les croyances restent inévitables. Un exemple personnel est que j’ai souvent cru, en tant que femme, que je devais être forte pour leader une équipe. J’avais la croyance que les hommes arrivent à gérer de grands groupes, car les hommes sont forts. Alors j’ai essayé d’être constamment forte, sans me respecter réellement. Mon esprit m’a longtemps fait croire que c’était la seule façon pour qu’un jour, j’évolue dans l’entreprise.

Mais non, leader une équipe, c’est aussi laisser place à l’hémishère droit de notre cerveau. C’est savoir écouter ses émotions, se connecter avec son corps et ressentir les choses. C’est percevoir ce qui nous entoure. Le jour où je me suis rendu compte que cette croyance m’empêchait d’avancer, qu’à cause d’elle je me posais mille, qu’elle m’empêchait d’avoir confiance en moi, j’ai voulu changer ça. Après quelques années de travail et d’expérience, j’ai donc décidé de prendre soin de moi et d’inspirer par ma capacité à être authentique. Je suis quelqu’un de créatif, un peu rêveuse, aimant le challenge, mais surtout à l’écoute de ses émotions. Je travaille ma croyance pour ne plus qu’elle soit limitante.

Nous avons tendance à faire des suppositions à propos de tout. Le problème c’est que nous croyons ensuite qu’elles sont la vérité.

Don Miguel Ruiz

En plus de croire que nous ne sommes pas capables de faire certaines choses, nous faisons de suppositions sur ce que les autres vont penser. Nous nous soucions de l’image que les autres ont de nous. Nous pensons qu’agir d’une certaine façon n’aura pas seulement un impact sur nous, en tant que personne, mais aussi sur notre image. Que cela nous freine donc dans notre évolution.

L’environnement professionnel est parfois cruel et difficile à supporter. Les critiques circulent rapidement. Distinguer les rumeurs de la réalité n’est pas évident. Seule la machine à café connaît la vérité. Le drame est que ces bruits de couloir deviennent bloquants pour certains. Combien de nous n’avons pas eu cette réflexion: “quand mon collègue avait agi de telle manière, le patron n’avait pas apprécié, donc mon patron ne va pas aimer non plus. Ce n’est pas une bonne idée.” C’est ce que j’appelle s’auto-censurer.

Ces mécanismes d’auto-défense sont des freins inimaginables pour notre bien-être et le développement de notre plein potentiel au sein de l’entreprise.

Lorsque les hommes se sentent bloqués et limités, ils créent aussi, d’une certaine manière, les limites de l’entreprise. Des hommes et des femmes enfermés dans des cases n’amèneront jamais leur entreprise à son plein potentiel.

L’entreprise a-t-elle aussi des croyances limitantes?

À force de le répéter de collaborateur en collaborateur, certaines croyances deviennent fortement ancrées dans l’entreprise. Elles en font partie et sont difficiles à contrer. Seuls les exemples contradictoires peuvent les changer.

L’entreprise a donc un tas de croyances limitantes qui se traduisent sous différentes formes et dans différents domaines ou secteurs de l’entreprise. Avez-vous déjà entendu des phrases du type: “pour évoluer tu dois rester après 18h”, “tu ne deviendras jamais manager si tu n’es pas un copain du patron”, “si tu as une bonne idée, surtout ne la dit à personne”, “ne montre surtout pas que tu doutes”, “ne parles surtout pas de tes émotions, on croira que tu es faible”

C’est à ce moment qu’on comprend l’importance du “leader libérateur“. Il démentira les fausses croyances et poussera les collaborateurs à faire des erreurs, bâtira son écosystème autour de la confiance et de valeurs fortes. Certains favoriseront l’entreprenariat dans leur entité et accompagneront leurs collaborateurs pour oser davantage, sans peur du jugement des autres. Ce leader instaurera une vraie culture d’entreprise dans laquelle chacun trouvera sa place.

Déconditionnons-nous!

Arrêtons de croire tout ce qu’on nous dit. Arrêtons de nous mettre de côté pour faire plaisir aux autres.

On ne se débarrasse pas d’une habitude en la flanquant par la fenêtre: il faut lui faire descendre l’escalier marche par marche.

Mark Twain

Prenons confiance en nous, développons nos compétences et soyons fier de nous. Travaillons ces croyances qui nous bloquent, développons de convictions personnelles sur ce qui est bon ou non pour nous-mêmes. Soyons à l’écoute de nos sens et de nos intuitions. Avançons vers ce que nous voulons devenir. Enlevons le frein à main.

Et vous, quelles sont vos croyances limitantes? Et comment les travaillez-vous?

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